Maurice-Yves Sandoz (1892-1958)
Ecrivain, compositeur et collectionneur
Maurice-Yves Sandoz est un homme aux multiples facettes. Bénéficiant d'une solide formation scientifique (il acheva ses éudes par un doctorat en chimie à l'Université de Lausanne en 1920), son inclination pour les arts, la littérature et la musique l'amenèrent à s'y consacrer pleinement, à la fois en qualité de mécène et de collectionneur, mais aussi en tant que créateur.
Eternel voyageur, il vécut à Burier en Suisse, à Rome et à Naples, à New York et à Lisbonne, séjournant en Extrême-Orient, en Afrique du Nord, aux Indes, en Angleterre, au Brésil et au Mexique. Il fut par ailleurs un hôte incomparable qui sut accueillir dans ses diverses demeures ce que l'Europe de son temps comptait d'intellectuels, d'artistes et de personnalités de tous horizons.
La passion de Maurice Sandoz pour les minéraux rares, pour les mécanismes subtils des créations de Fabergé, les rencontres singulières qui jalonnèrent sa vie, en font un être d'exception au talent polymorphe, à la fois écrivain, poète et compositeur.
Recueils de nouvelles et de contes (Souvenirs fantastiques et nouveaux souvenirs, La Limite, Contes suisses, etc.) romans (Le Labyrinthe, La Maison sans fenêtres), pièces de théâtre (La Maîtresse, The Balance) mais aussi recueils de poèmes et récits de voyages se succèdent des années vingt aux années cinquante dans sa bibliographie qui, pour une quinzaine de titres, ne compte pas moins de soixante-seize éditions en cinq langues dont les plus récentes datent de 1992 (en allemand chez Limatt Verlag, Zurich) et 1994 (Editions Melchior, Genève). Le surréalisme et le fantastique sont inséparables de ses récits, souvent illustrés par des artistes prestigieux comme Salvador Dali dont il fit connaissance à New York au début des années 40.
Quant à l'œuvre musicale de Maurice Sandoz, moins abondante que ses écrits, si elle est au début influencée par Schumann, on peut l'apparenter ensuite à l'école française de Duparc, Debussy ou Fauré. Essentiellement dévolue au piano et à la voix, elle comporte une Suite chorégraphique symphonique, composée à l'intention de Serge de Diaghilev, qui fut donnée en 1913 à Montreux sous la baguette d'Ernest Ansermet.